Stéphane De leso : « Le même endroit peut devenir plus original si on a une approche plus technologique »

Notre journaliste Pauline a suivi le club photo de la MJC Jean Macé et Stéphane De leso qui donnait des cours, secondé par Corinne Doucet. Il faisait froid en cette veille du lancement officiel de la fête des Lumières ! Mais nous avons pu poser quelques questions à Stéphane, illustrateur de profession et professeur à l’école de Condé, mais surtout photographe depuis son adolescence. Rencontre avec cet habitué de la fêtes des Lumières.

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Depuis combien de temps faites-vous de la photo ?

Stéphane : J’ai commencé la photo à l’adolescence. Mon oncle est photographe et je fréquentais sa boutique, je l’ai suivi sur des mariages et il m’a fourni en pellicule quand j’ai eu mon premier appareil photo. Après j’ai continué la pratique de la photo en parallèle du dessin, étant donné que je suis illustrateur. J’ai commencé par faire une école de dessin et à côté je pratiquais avec mes copains la mise en scène photographique, je fabriquais des costumes, on cherchait des lieux insolites pour faire de la photo, avec un axe « bande dessinée », on essayait de grimer des scènes de BD ou autre. Par la suite j’ai fait de la photo plutôt pour servir mon dessin, c’est-à-dire pour avoir des pauses anatomiques ou autre, on faisait des clichés en noir et blanc à l’époque et on s’en servait  comme modèle, plutôt qu’avoir une vraie personne qui pose pendant des heures. Un peu comme les photographes au XIXe siècle qui se servaient de la photo pour figer l’instant. Avec l’arrivée du numérique j’ai commencé à l’utiliser dans mon travail d’illustrateur, à maîtriser certains logiciels comme Photoshop. En 2009, la MJC m’a proposé d’animer un nouveau cours pour la rentrée : de la photographie destinée aux débutants pour permettre aux nouveaux acquéreurs d’appareils photos de découvrir leur utilisation.

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Fête des Lumières 2011 © Stéphane De leso

Qu’est-ce qui a changé dans votre technique depuis que vous avez commencé la photo ?

Au début j’étais plutôt branché portrait et paysage, parce qu’en dessin j’étais intéressé par ces deux formats et j’ai découvert avec les adhérents de la MJC autre chose. Ca m’a amené à me documenter, à me former par avance et découvrir la photo de manière très approfondie.

Quelle place a la photo dans votre vie à présent ?

C’est quelque chose de prégnant dans ma vie puisque j’y consacre plusieurs heures par semaines. A côté je me documente énormément, je pratique beaucoup aussi à titre personnel. J’ai des retours de mes adhérents, qui me montrent leur matériel, leurs images et qui me parlent de leurs expériences.

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Fête des Lumières 2011. © Stéphane De leso

Est-ce que vous êtes habitué à photographier la fête des Lumières ?

Je crois que la première fois que j’ai voulu faire la fête des Lumières en faisant de la photo c’était en 2009. Cette année-là j’avais un appareil un peu plus évolué que les années précédentes, j’ai investi dans plus de matériel donc je me suis senti à la hauteur de l’évènement. Mais c’était vraiment à titre personnel. Et à partir de 2010, je l’ai proposé aux adhérents et on a commencé à organiser des ballades pour essayer de découvrir ce qu’il y avait de photogénique dans cet évènement. Au début on était une dizaine et maintenant on est beaucoup à suivre l’évènement, avec des axes photographiques différents, certains font même un peu de vidéo parce que c’est répandu sur les réflex et de bonne qualité qui plus est.

Qu’est-ce que les réseaux sociaux apportent à la photo lors de la fête des lumières ?

Les réseaux sociaux permettent un partage de ses images bien plus grande. Et on a même depuis plusieurs années une pratique qui s’est mise en place : avant de prendre des photos avec les appareils photos, les adhérents font d’abord des photos avec leur smartphone qu’ils mettent dans la foulée sur les réseaux sociaux et ensuite ils rangent leur smartphones et ils prennent leur appareil photo pour une séance beaucoup plus classique on va dire. On est dans un cliché presque partagé immédiatement et avec le développement des liens entre le reflex et le smartphone par le wifi, ça facilite le partage.

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Fêtes des Lumières 2012 © Stéphane De leso

C’est difficile de trouver des techniques pour faire LA photo différente de ce qu’on a déjà vu sur les réseaux ?

C’est vrai que depuis déjà plusieurs jours, des connaissances à nous ont déjà mis des photos de l’évènement sur les réseaux. J’avoue que d’un côté ça donne envie, et d’un autre ça « blase » un peu parce qu’on connait certains photographes et ils se débrouillent très bien. On n’a pas forcément envie de retourner au même endroit et faire la même image. Si c’est pour l’avoir chez soi-même y’a pas de problème mais si c’est pour mettre en ligne 10 fois la même, ça fait un peu répétition. On a envie de faire une image différente.

Comment faire alors ?

À ce moment-là, on va essayer d’y aller à d’autres moments, pour avoir un regard différent sur l’évènement, s’intéresser peut-être plus aux gens, à des objets, à changer les premiers plans, ne pas être forcément avec le même cadrage à chaque fois, se renouveler en regardant des photos d’autres villes, en s’inspirant d’autres artistes éventuellement, avoir une démarche coloriste, travailler sur des flous ou tout simplement s’intéresser aux gens qui, eux, changent à chaque fois.

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Fête des Lumières 2013 © Stéphane De leso

Quels sont les spots que vous préférez ?

Je dirai que sous les ponts à même la Saône, ce n’est pas couru, on a pourtant des reflets intéressants et des inversions d’images. Avec le passage de bateaux aussi, grâce à la pause longue, que tout le monde ne maîtrise pas forcément. Des points de vue en hauteur aussi vers Fourvière pour plonger sur la ville. Après c’est principalement la technique qui va permettre de faire des images un peu différentes. Un cadrage intéressant au smartphone ne donnera pas la même chose qu’avec un appareil photo.

Mes spots préféré les années antérieures étaient le parc de la Tête d’or. Cette année on espère beaucoup sur les spots vers Fourvière et les pente de la Croix-Rousse.

 

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Fêtes des Lumières 2017. © Stéphane De leso

 

Propos recueillis par Pauline PRIN

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